• Rencontre décisive dans le désert 1 et 2

     

    Rencontre décisive dans le désert 1 et 2

     

    Rencontre décisive en plein désert (1)

      

    Il y a dans la Bible, un personnage qui a particulièrement attiré mon attention il y a quelques temps. C'est Agar, la servante de Saraï, épouse d'Abram. On sait relativement peu de choses à son sujet mais les quelques renseignements que nous donne le chapitre 16 du livre de la Genèse me l'ont rendue attachante.

    Elle était de nationalité égyptienne. Ses maîtres, originaires de Mésopotamie avaient du l'acquérir lors de ce malheureux séjour en Egypte où ils avaient cru bon de fuir la situation de famine qui sévissait en Canaan. Peut-être faisait-elle partie des somptueux cadeaux offerts par le Pharaon à Abram ? Sans qu'elle ait eu le loisir de donner ou de refuser son consentement, Agar s'était retrouvée du jour au lendemain contrainte de partager la vie de gens qui lui étaient totalement étrangers, qui ne parlaient pas la même langue, n'avaient pas la même culture et n'adoraient pas les mêmes dieux… Et la voilà lancée sur des routes interminables avec cette tribu de nomades dont on ne savait pas au juste ce qu'ils cherchaient.

    Au fil du temps, elle voit bien que sa maîtresse se ronge de tristesse d'être stérile. Mais, qu'y peut-elle ?… Et puis, brusquement, elle apprend qu'elle est au centre d'un projet destiné à apporter la solution tant espérée à ce problème. Elle doit aller partager la couche de son maître et si elle a le bonheur d'enfanter, l'enfant qu'elle mettra au monde appartiendra à sa maîtresse et comblera son désir de maternité inassouvi, ainsi en ont décidé Saraï et Abram. Que ressent Agar à l'exposé de ce stratagème ? Nul ne semble s'en soucier. Elle n'est qu'un objet qu'on va utiliser pour les besoins d'une « bonne cause » et peut-être pense-t-on qu'elle devrait s'en sentir honorée !

    La voilà donc enceinte. Une nouvelle petite vie se développe en elle ! Quelle expérience pour une jeune femme qui n'a encore jamais connu la maternité ! Hélas, la joie est entachée d'une sombre perspective : ce bébé qui fait partie d'elle-même, elle sait qu'il lui sera arraché, qu'il ne sera jamais le sien. Saraï si longtemps en mal d'enfants se l'appropriera, c'est certain, de façon exclusive. Peut-on imaginer ce qui se passe dans ce cœur de mère ? Coupée de tous ses liens familiaux, privée de toute liberté, de tout droit d'exprimer un avis, de faire ses propres choix, dépouillée maintenant de ses prérogatives de mère, que lui reste-t-il ?

    L'unique consolation qu'elle trouve au sein de son désarrois, c'est qu'elle a réussi là où sa maîtresse a échoué. Elle, au moins, a été capable de concevoir. Et l'écrivain sacré mentionne qu'elle se mit à regarder sa maîtresse avec mépris. Pour le lecteur superficiel, comme pour Saraï, Agar est la méchante, celle qui écrase la pauvre femme stérile de l'arrogance de sa réussite. Malheureusement c'est bien souvent ainsi que l'on juge. On a vite fait de condamner des comportements inacceptables sans essayer de comprendre ce qui les a engendrés, sans réaliser que c'est parfois le seul mode d'expression à la portée de ceux qui ont été trop longtemps muselés et bafoués.

    Agar va le payer cher. Saraï se venge en la maltraitant et nul, pas même Abram dont elle porte l'enfant, ne songe sinon, à prendre sa défense, du moins à la protéger. Il ne lui reste aucune autre issue que de fuir dans le désert où elle n'a humainement parlant, aucune chance de survivre.

    Mais quelqu'un veille, quelqu'un qu'elle ne connaît pas encore et qui pourtant la suit depuis longtemps de son regard bienveillant. Il va venir la rencontrer dans son désert physique mais surtout moral pour la prendre en charge et changer sa détresse en joie. C'est l'« Ange de l'Eternel », terme qui, dans l'Ancien Testament, s'applique aux apparitions de Jésus. Il la trouve près d'un puits. Comme le bon berger qui cherche sa brebis perdue jusqu'à ce qu'il la trouve, Jésus a cherché Agar parce qu'elle est précieuse à ses yeux et qu'il a un projet pour sa vie.

    Toi qui lis ces lignes, tu te sens peut-être aussi comme dans un désert, sans doute très différent de celui d'Agar, mais un désert tout de même. Comme pour elle, ta situation te parait bloquée, ton horizon bouché. Tu t'es sentie humiliée, dévaluée. Tu as le sentiment de ne compter pour rien ni pour personne. Pourtant le Seigneur Jésus te cherche avec amour parce que pour lui, tu as une valeur inestimable. Il vient au devant de toi dans ta solitude, dans ton existence privée de repères, pour établir avec toi une relation intime et chaleureuse et t'ouvrir de nouvelles perspectives.

    Comment vas-tu accueillir cette démarche de sa part ?

    Rencontre décisive dans le désert 1 et 2

     

    Rencontre décisive en plein désert (2)

     

    Agar, servante de Saraï femme d'Abram, s'est enfuie de chez sa maitresse parce que celle-ci la maltraitait. Elle avait, en effet, regardé sa maîtresse avec mépris et la situation était devenue si conflictuelle que la fuite lui était apparue comme l'unique solution.

    Là perdue dans le désert, elle rencontre…. l'Ange de l'Eternel.

    Lorsque l'ange de l'Eternel s'adresse à Agar, elle ressent dans sa voix tant d'amour et de sollicitude qu'elle ne tente pas de fuir plus loin, de se cacher. Elle accepte le dialogue. « Agar, servante de Saraï, d'où viens-tu et où vas-tu ? » J'essaye d'imaginer le flot d'émotions qui a du submerger le cœur de cette jeune égyptienne lorsqu'elle a entendu ces paroles. Dans son pays, on lui avait enseigné à craindre de nombreux dieux représentés sous des formes plus ou moins grotesques ou inquiétantes; au contact d'Abram et de ses proches, elle avait entendu parler du Dieu unique, Tout Puissant, créateur du ciel et de la terre. Et soudain elle rencontre un Dieu qui la connaît personnellement, qui l'appelle par son nom, Agar, qui décrit précisément sa situation, servante de Saraï ; qui se montre concerné par ce qu'elle vit, qui s'adresse à elle comme à une personne sensée et mature. Et ce Dieu là l'invite, elle à qui jamais personne n'a demandé son avis, à faire le point sur son existence, à évaluer son passé, exprimer ses projets d'avenir ! Quelle révélation !

    Qu'aurais-tu répondu à la place d'Agar ? Et, au fait, si Dieu te posait aujourd'hui dans ta propre situation cette même double question que répondrais-tu ? Il est bon de temps en temps, et particulièrement dans les moments de crises, de s'asseoir et d'essayer de faire un bilan de sa vie, de redéfinir posément ses priorités et les objectifs qu'on désire poursuivre.

    Il aurait été facile pour Agar de faire le catalogue des humiliations, brimades et autres offenses dont elle avait été victime, de pointer du doigt tous ceux qui avaient contribué à l'amener là où elle était présentement, perdue dans ce désert. Mais face à ce Dieu devant qui rien n'est caché elle répond simplement : « je fuis loin de Saraï ma maîtresse ». C'est une sorte d'aveu : je suis une servante, je dois à ma maîtresse une parfaite soumission mais je me suis enfuie… Elle reconnaît implicitement ses torts sans chercher à se justifier.

    Alors Dieu lui trace une feuille de route : « retourne vers ta maîtresse et humilie toi sous sa main ». La fuite ne débouchera sur aucune solution durable. Il te faut faire face à la situation, avouer tes fautes, en obtenir le pardon, changer d'attitude, prendre un nouveau départ. L'ordre de l'ange peut paraître dur, mais il l'assortit de promesses précieuses qui doivent réconforter puissamment la jeune femme : Tu vas avoir un fils et tu l'appelleras Ismaël ce qui signifie Dieu entend. Ainsi tu te rappelleras toujours que l'Eternel t'a entendue dans ton affliction et que son oreille sera toujours attentive à tes cris. Plus jamais tu ne sera seule.

    Et voilà Agar repartie avec une nouvelle énergie, un nouvel enthousiasme : elle a rencontré celui qu'elle appellera désormais El Roï le Dieu qui me voit. Il me semble la voir courir vers le campement d'Abram pressée de raconter cette expérience bouleversante. Le texte biblique ne précise pas ce qui s'est passé au retour de l'esclave égyptienne mais son témoignage a du être tellement convaincant que, pour tous les gens de la contrée, le puits où ces évènements se sont déroulés s'est appelé depuis ce jour le puits de Lachaï Roï (du vivant qui me voit) et Abram a effectivement donné au fils qui lui est né par Agar, le nom d'Ismaël, celui que Dieu avait indiqué.

    Ce même Dieu qui te connaît si parfaitement, qui t'entend dans ton affliction et qui te voit, veut aussi se révéler plus pleinement à toi pour te donner un nouveau départ. Peut-être te faudra-t-il pour cela accepter de passer par la repentance, la demande de pardon, l'écoute des promesses de Dieu et leur prise de possession dans la foi. Mais une chose est certaine. Jamais il ne t'abandonnera.

     

     

    Elisabeth Boutinon
    (Source : TopChrétien)

     

     

     

     

     

     

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