• En toute confidence

     

    En toute confidence

     

    En toute confidence

     

    L’envol de ma vie s’est déroulé de manière tout à fait normale. Cet écrit est  l’histoire de mon parcours.

     

    C’est au début de l'année 1975, dans une maternité de la région parisienne  ; que je suis née. Ma vie venait seulement de commencer ; et on avait déjà placé en moi, bien des rêves et bien des projets …

     

    Aujourd’hui, je fais partie d’une famille de trois enfants ; dont je suis la cadette et l’unique fille. J'ai deux petites nièces et un neveu. Je vis seule dans un petit studio en Alsace, et suis célibataire.

     

    Depuis ma naissance, j'ai grandi. Et de toutes ces années déjà vécues, toute une histoire s’est construite autour de moi et au plus profond de moi.

     

    Là, nous sommes en 2014, j'ai 39 ans. Depuis mi- 2008, je suis au  chômage. 

     

    Depuis de nombreuses années, je suis sur le « seuil d’une porte » entre « la vie et la mort » : celle de mon présent. Et de cette place où je me tiens, il y a sous mes yeux ; deux mondes opposés, il y a trois vies qui se bousculent. Un ensemble présent au fond de moi, bien lourd à porter, à assumer, à vivre. Il y a d’un côté, le monde loin de Dieu ; et de l’autre côté, le monde de ma foi en Dieu. Il y a la vie de mon passé, et la vie de mon « avenir ».

     

    La vie de mon présent, est pour moi, un épais et très profond brouillard. J'ai le sentiment d’être au fond d’un puits, au plus profond de la nuit. J'ai l’impression d’être inexistante, de n’être qu’une bonne à rien, d’être inutile, de n’être qu’une incapable, que ma vie n’a aucun but ni aucun sens, que je n'ai pas de place dans ce monde et que j'en aura jamais, … Je ne sais plus du tout où j'en suis, qui je suis, où je vais, ce que je vaux, s’il y a vraiment un avenir pour moi, si j'arriverai à sortir de cette obscurité où je me sens prisonnière … ; à cause de ce que je ressens dans mon présent qui est sans cesse lié à mon passé (abus vécus), et qui m’empêche d’imaginer un avenir pour moi. Je ressens tant d’angoisses, de peurs, de doutes … ; j'ai tant "envie" que ma vie prenne fin ; je me pose tant de questions quant à la possibilité de vraiment vivre un avenir.

     

    La vie de mon passé, n’a rien d’exceptionnel, à mes yeux. J'ai eu comme tout le monde : des moments de joies, de difficultés, de réussites, d’échecs, de déceptions.

     

    La vie de mon avenir, est comme pour tous, remplie d’incertitudes … Mais il représente aussi, comme pour tant d’autres personnes ; un univers où j'ai peur de m’aventurer, que je désire ne pas vivre … Je traîne en moi un lourd fardeau.

     

    Je pense que les « menottes » qui lient mes mains, que le « boulet » qui m’empêche d’avancer ; et cela depuis tant d’années, ne me laisseront jamais partir libérée. Je me sens emprisonnée par mon vécu. Je n’ose plus croire en une libération, de peur que ce moment n’arrive jamais ; et que je soit à nouveau déçue …

     

    Pour parler de mes « trois vies », qui ne sont en réalité qu’une seule vie, ma vie : elles me bousculent en permanence, elles sont présentes dans mes pensées et ancrées dans mon cœur. Je suis ainsi, sans interruption, partagée entre mon passé, mon présent et mon avenir …

     

     De ma vie passée, il y aurait beaucoup de choses à en dire. Il y a en moi tant de souvenirs … Parmi ceux-ci, je garde dans ma mémoire ceux qui sont heureux :

    -       la découverte de la flore, de la faune, de magnifiques paysages, et de nombreuses régions françaises et étrangères ; lors de mes vacances passées en famille ou en camps de jeunes

    -       les colonies de vacances où j'étais animatrice : je m'y suis épanouie et j'y ai reçu tant d’amour de la part des enfants

    -       ma réussite à divers examens : BEPC (Brevet des collèges), BEP ACC (Brevet Administration Commerciale et Comptable), CAP ESAC (Certificat Employé Service Administratif et Comptable), Bac Professionnel Bureautique et Comptabilité, Permis de conduire B, BAFA (Brevet d’animatrice) ; et cela du premier coup

    -       ma rencontre avec Guillaume, Isabelle, Gigi, Rachel, David, Joël, Sonia, Alexandre, Marianne, Odile, Paul & Monika, … ; devenu(e)s mes ami(e)s, mes confidents, mes conseillers…. fidèles et loyaux (à des camps, week-ends de jeunes, sur internet…)

    -       mes « amitiés d’un temps » (qui m’ont accompagnées et soutenues au fur et à mesure que je grandissais) qui demeureront importantes dans ma vie et que je ne n'oublierai jamais ;

     

    mais aussi ceux qui sont bien douloureux… Je me souviens surtout de ceux qui hantent mes pensées : ceux de mes « coups durs », que je n'oublierai jamais ; provoqués par des membres de ma famille, par certaines personnes de mon entourage, par certain(e)s de mes ami(e)s …

     

    Pour définir tout mon vécu, on peut utiliser les mots : partages, confidences, crises de fou rire, découvertes… mais aussi secrets, moqueries, isolements, rejets, trahisons, humiliations, tromperies, abandons … Il y eut pour moi ; d’un côté les simples gestes, les paroles, les silences … de réconforts ou blessants ; et de l’autre côté, les abus de toutes sortes… Et cela, dans tous les domaines de ma vie : mes études, ma famille, mon travail, mes différents entourages …

     

    Mais au-delà de tout cela, je m'accroche, certes avec beaucoup de difficultés, à ma foi en Dieu. Pour cela, je dois me battre ;  et je compte sur Dieu pour m'en donner les forces. Ma foi est ce que j'ai de plus précieux : elle me tient en vie, et Dieu demeure en permanence (même si j'ai du mal à le croire, à le ressentir ; je désire fermement le croire) auprès de moi. Ma vie a du prix aux yeux de Dieu. Il a bien des projets pour moi ; à travers sa parole, ses promesses, sa présence… toutes les personnes qu’il a mises sur ma route, au fil du temps.

     

    Aujourd’hui, plus que jamais, je vis que par ma foi en Dieu, et par mon verset de confirmation (Romains 8, versets 38-39).

     

    Aujourd’hui, plus que jamais, je dois me battre contre le monde loin de Dieu et pour pouvoir vivre pleinement dans le monde de ma foi en Dieu.

     

    Aujourd’hui, au milieu de ma vie « brisée » par bien des « souffrances » ; après m’être trouvée face à des personnes qui me disaient : « Laisse derrière toi le passé » « Tu es jeune, tu as toute la vie devant toi » « Tu finiras par oublier » « Pardonne et avance »… ; j'ai envie de répondre : « Oui, mais mon vécu fait partie de ma vie et me fait souffrir. Je suis jeune, mais cela n’empêche pas d’avoir mal. La vie est peut-être devant moi, mais mon passé est aussi en moi, et je n’arrive pas à vivre mon présent… ».

     

    Là, je dois me battre face à la dépression, la solitude, les conflits familiaux et divers,  le chômage, …, et le suicide. Ma plus grande lutte et mon plus grand défi est de gagner mon combat face à la mort. Après plusieurs tentatives de suicide, je vis encore par la volonté de Dieu. Dieu a apparemment des projets, une mission pour moi (même si j'ai du mal à le croire, et que je ne vois pas le bout du tunnel pour y parvenir). Pour le moment, « au milieu » de mon tunnel, « au milieu » de ma « nuit » ; je garde en moi des envies de mourir, mais Dieu est là, et veille sur moi pour que je vive !

     

    Bousculée entre deux mondes, trois vies ; je compte sur la force de Dieu pour avancer sur le chemin en lequel je désire fermement croire et espérer : celui du chemin de la vie en Dieu et par Dieu ; et m’accroche à la parole de Dieu, à mon verset de confirmation qui à mes yeux représente ce que j'ai de plus précieux et qui témoigne toute ma vie :

     

    « Car j’ai la certitude que rien ne peut nous séparer de son amour :

    ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni d’autres autorités ou puissances célestes,

    ni le présent, ni l’avenir, ni les forces d’en haut, ni les forces d’en bas,

    ni aucune autre chose créée,

    rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour

    que Dieu a manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur »
    Romains 8, versets 38-39.

     

     

    … Pour en dire un peu plus sur mon parcours...

     

    Il y a eu l’époque, celle de l’école primaire, où comme la plupart des petites filles, je possédais un "carnet des souvenirs". Celui-ci était destiné à être confié à différentes personnes pour qu’elles y écrivent un poème ou un petit mot avec leur touche personnelle (images, dessins). Ce carnet était le "livre d’or", où je pouvais retrouver la trace de "l’affection" des personnes dont je voulais garder un souvenir (membres de la famille, camarades de classe, institutrices, voisines) ; et n’était confié qu’à ceux/celles qui comptaient pour moi et avaient une place particulière dans mon cœur. Ma mère a été la première personne à qui je l’ai confié. D’ailleurs, si mes souvenirs sont bons, elle est le seul membre de ma famille à avoir pu y déposer son "empreinte". Très peu de personnes en ont eu l’accès "privilégié".

      

    Il y a eu l’époque, où j’ai tenu très sérieusement un "journal intime". J’y écrivais tout ce qui se passait dans ma vie : les bons et les mauvais moments. Je l’avais prénommé « ma puce ». Il était plus qu’un simple journal. Il était mon précieux et unique véritable confident. Il était mon ami : celui qui effaçait un peu ma solitude, qui soulageait mes peines, qui partageait mes joies ; celui qui m’accompagnait à chaque événement de ma vie.

     

    Mais un jour, dans un moment de grande souffrance où je ne croyais plus en l’affection de qui que ce soit ; j’ai détruit mon "carnet des souvenirs" et mon "journal intime", afin de détruire tout ce qui pouvait s’y rattacher.

     

    C’est ainsi que j’ai commencé à écrire des poèmes, qui au fil du temps, ont formé un recueil contenant de nombreuses poésies exprimant l’univers des mes diverses pensées et émotions. L’écriture de ces poèmes a été, pour moi ; une chose que j’ai faite de manière naturelle, vitale et extrêmement confidentielle. Très très rares sont les personnes qui ont pu lire ces écrits (que je garde, encore aujourd’hui, bien secrètement).

     

    Nombreux sont les sujets/thèmes face auxquels je veux prendre position, de manière concrète,  à travers cet écrit d’aujourd’hui. Ils touchent des domaines variés de ma vie. Ecrire ce que j’ai vécu (événements et conséquences) n’est ni chose facile à faire pour moi, ni une volonté de faire du mal aux personnes mentionnées, ni un désir de crier "vengeance" ; mais c’est le cheminement que je veux suivre pour prendre position face à tout ce que je ressens encore aujourd’hui et qui m’enchaîne à la mort.

      
     

    REJETS : LES ETUDES

     

    Dès mon plus jeune âge, j’ai dû faire face au fait d’être mise à l’écart des autres (y compris au sein de ma propre famille) pour diverses raisons. Chose que j’ai toujours très mal vécue.

     

    La majorité de mes anciens camarades car n’a fait que de me juger, de me mettre à l’écart de l’ensemble de la classe. Cela, pour divers motifs :  un cheveux sur la langue, ne pas faire partie du groupe très majoritaire de la classe (les moins bons ou les meilleurs), ne pas être de la même classe sociale (d’une famille "bourgeoise" ou vivant dans les "cités"), ne pas être physiquement une "déesse"…

     

    Beaucoup de mes enseignants me comparaient sans cesse à mon frère aîné : lui, un si bon élément en tout ; et moi, tellement moins douée que lui en tout.

     

    Mes parents, qui peut être sans s’en rendre compte, n’ont fait que comparer mes résultats scolaires à ceux de mes frères qui ont été d’excellents élèves. Pour eux, je n’ai jamais été à la hauteur : je n’ai pas aussi bien réussi qu’eux (mes frères ont été à la fac et moi je n’ai pas fait de longues et remarquables études). J’ai été punie de nombreuses fois (voir "privée" de cadeau de Noël) parce je n’apportais pas d’aussi bonnes notes ou d’aussi bons bulletins que mes frères.

     

     

    ACTIVITES  PROFESSIONNELLES

     

    J’ai vécu des expériences bien "douloureuses" : comme dit "le monde du travail" (parmi d’autres) n’est pas un univers tout beau et tout rose.

     

    Lorsque j’ai travaillé comme secrétaire d’accueil dans un centre de formation à Mulhouse, mon employeur tournait souvent autour de moi. La plupart du temps, pour pas dire tout le temps, ; il était saoul. Une fois, il a posé les mains sur moi et a eut des gestes déplacés. Par après, lorsque j’étais seule avec lui, j’avais toujours peur qu’il aille plus loin ; car il ne se contrôlait pas du tout et était imprévisible. 

     

    Lorsque j’ai travaillé comme aide-éducatrice dans une école, il y a eut une institutrice qui, parce que j’ai fait devant elle, une remarque à ses élèves, a tout fait pour me faire licencier ; en m’accusant de maltraitance physique à des élèves. Une accusation grave, qui est totalement fausse ; et dont je me relève pas vraiment.

     

    Il y a aussi eu le directeur de cette école, qui m’a toujours traité sans le moindre respect. Ce que je n’ai jamais compris, car je me suis toujours donnée à fond dans mon travail ; et je lui ai toujours témoigné du respect.

     

    Lorsque j’ai travaillé comme secrétaire au service RMI, ma supérieure m’a traité avec beaucoup de "mépris". Pour elle, je ne valais rien et ne méritait aucun respect. Et cela a duré 6 mois. (RMI = Revenu Minimum d'Insertion).

     

    Lorsque de 2003 à 2004, j'ai travaillé comme secrétaire dans un cabinet d’avocats. J’y avais de bonnes relations avec les différents avocats qui y travaillent. Mais avec les autres secrétaires, et tout particulièrement avec la secrétaire en chef, cela se passait très mal. Au sein du secrétariat, je devais faire face quotidiennement aux critiques, aux rabaissements, aux humiliations….

     

    Face à cette situation, j’ai sans cesse eu le sentiment de n’être qu’une moins que rien, de ne pas être à la hauteur en quoi que ce soit, d’être nulle.

     

    Lorsque  de 2006 à 2008, j’ai été assistante de direction dans une école primaire où j’ai rencontré des difficultés à faire ma place.  Certains collègues n’ont pas hésité à me rabaisser, me critiquer, à me faire de « mauvais coups dans le dos », etc… Une certaine hypocrisie régnait. Il y a eut de régulières « turbulences » qui me déstabilisaient en raison des attitudes et paroles que l’on pouvait avoir vis à vis de moi. Je m’y sentais bien souvent comme indésirable, bonne à rien, incompétente, etc… Heureusement qu’il y avait tout de même plusieurs personnes avec qui j’ai eu de bonnes relations.

     

    AMITIES PERDUES / ABANDONS / TRAHISONS

     

     Durant les camps que j’ai fait jeune, j’ai lié amitié avec de nombreuses personnes qui me disaient qu’elles seraient toujours là et qu’elles m’aimaient. Mais au fur et à mesure des années qui se sont écoulées, il n’y a plus personnes (en dehors de deux). Je souffre de ces abandons, car je tenais énormément à ces amitiés et je me donnais à mes ami(e)s sans compter. J’ai toujours été là pour eux, lorsqu’ils avaient besoin de moi. Je m’en veux de les avoir perdu et me demande « qu’ai-je fais pour que cela arrive ? ». Aujourd’hui, j’ai encore de très bons ami(e)s. Et mes relations avec eux sont excellentes. Cela fait des années qu’elles durent. Mon amitié avec eux est solide. Mais ayant perdu des personnes à qui j’avais donné mon entière confiance, j’ai peur de lier de nouvelles amitiés (de peur de les perdre).

     

    Dans les premières années de ma vie, j’avais tendance à donner facilement et totalement ma confiance aux gens. Mais plusieurs en ont profité pour me trahir et me faire du mal.  Aujourd’hui, j’ai peur des autres. J’ai beaucoup de mal à faire confiance aux autres. J’ai en permanence peur d’être à nouveau blessée et trahie. 

     

    Aujourd’hui, je vis d’une manière très isolée ; de peur d’être blessée, de peur d’être une charge, de peur d’être trahie, … J’ai peur d’aller vers les autres par peur de les déranger. J’ai tellement le sentiment de ne pas être à ma place dans ce monde, alors je ne veux pas m’imposer à lui et fais tout pour me faire la plus petite possible (pour gêner le moins possible, pour ne blesser personne… pour ne plus souffrir et faire souffrir).

     

     

    REJETS : RELATIONS AVEC MA FAMILLE

     

    J'ai un père : mais si souvent absent pour des raisons professionnelles…

    J'ai une mère : mais toujours plus préoccupée par les besoins de mes frères que des miens.

    J'ai deux frères : mais étant la seule fille, j'avais (et j'ai encore) peu d'importance (lorsque nous étions dans notre petite enfance, je jouais avec mon petit frère… mais au fur et à mesure qu'ils ont grandi, ils ont vite préféré être ensemble ou être avec leurs copains). Je fus bien pour eux juste pour satisfaire leurs besoins.

     

    Mes parents ont toujours dit qu'ils ne faisaient aucune différence entre mes frères et moi, qu'ils nous aiment de la même manière. Et je sais que mes parents m'aiment.

     

    Mais d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours ressenti la présence d’un fossé entre mes parents et moi (de ne pas être à ma place dans ma famille) : un mélange de sentiments et comportements inexplicable (rejets, incompréhension, rabaissements, indifférence, non-protection…). Au point qu’à un moment, j’étais persuadée d’avoir été adoptée car je ne comprenais pas la différence d’attitude que mes parents avaient (et ont encore) avec mes frères de celle qu’ils ont eu avec moi.

     

    Lorsque nous étions à table et que je voulais parler, combien de fois m'a-t-on dit Tais-toi ! Tu n'arrêtes pas de parler ! Alors que je parlais peu. J'ai donc appris à me taire.

     

    J'ai appris que pour recevoir, il fallait d'abord donner : rien n'était reçu gratuitement, tout était payant ! Pour recevoir : il fallait le mériter !

     

    J'ai appris que je ne devais pas être présente ou donner simplement mon opinion sans y être invitée.

     

    J'ai appris que ma parole et que ce que je pouvais faire étaient sans valeur, pas intéressant.

     

    Lorsque quelque chose n'allait pas, je ne pouvais me tourner vers eux pour me confier à eux : pas assez importante à leurs yeux apparemment pour qu'ils en prennent le temps pour moi ! J'ai très vite appris qu'il me fallait garder mes problèmes pour moi et me faire la plus petite, la plus discrète possible. Je gardais donc pour moi mes soucis, et passais la plupart de mon temps dans ma chambre. J'ai appris à vivre ma vie dans mon coin.

     

    De ce fait, quelque part, j'ai mené d'une certaine manière ma vie seule, car écartée par mes parents. Mes sentiments, ma personnalité, mes problèmes, mon avis n'avaient (et n'ont encore) aucune importance. Tout ce je pouvais faire n'était jamais suffisant. On m'a toujours fait ressentir que je ne valais rien (ou du moins pas grand chose). Je n'étais qu'un sujet de déception : pas assez bien pour ma famille. J'étais de trop…. Et le suis encore !

     

    J'ai toujours ressenti qu'il y avait d'un côté la vie de mes frères et de l'autre côté la mienne. J'ai du accepter que mes frères avaient la priorité en tout. J'ai du accepter que j'étais toujours dans l'erreur. J'ai du accepter le régime particulier des punitions qui m'était destiné : il n'était pas le même que celui pour mes frères (il y avait un tel décalage ! Par exemple : j'étais punie de télévision pour de mauvais résultats scolaires… Et lorsque mes parents ont appris que mon frère aîné abusait de moi (abus qu'ils n'ont jamais voulu entendre : ce n'a toujours été pour eux que des jeux entre enfants), il a eut comme punition : privation de télé !). Lorsqu'il y avait un problème, c'était toujours de ma faute. J'étais responsable de tout. Et lorsque mon petit frère se défoulait se moi, ils ne réagissaient pas (malgré mes peurs et mes supplications ).

     

    J'ai appris que ma vie n'était pas mienne ; et qu'elle avait si peu d'importance qu'on pouvait tout me faire subir.

     

    Et mes frères en ont profité. Ils avaient tout pouvoir sur moi, sans risque de réaction venant de mes parents ; alors ils ne se sont pas privés ! Mes parents leur donnaient même raison ! Je méritais ce qu'il m'arrivait. Quoi qu'il m'arrivait, mes parents gardaient les yeux fermés, et restaient même spectateur sans réagir. C'est du moins ce que je ressens sincèrement (et cela encore aujourd'hui).

     

    Oui, mes parents m'aiment. Je n'en doute pas : mais à leur façon.

     

    Puis un jour, d’une certaine manière j’ai commencé à comprendre…

     

    Ma venue au monde n’avait été qu’un accident Je ne suis pas arrivée au bon moment et j’ai donc perturbé le programme de mes parents.

     

    J’ai aussi appris que ma mère n’avait pas été aimée de sa propre mère. De ce fait, le fait d’être une fille a été un lourd poids à devoir assumer pour moi : ma mère a su très bien aimer mes frères, mais n’ayant pas été aimée par sa mère, elle n’a pas su entretenir une très bonne relation mère/fille avec moi. D’ailleurs, ma grand-mère maternelle a aussi toujours eu beaucoup d’amour pour mes frères, mais pas pour moi…

     

    Le fossé s’est agrandi au fur et à mesure des années par diverses circonstances : le chômage, le fait d’être dépressive… et donc de ce fait : être différente aux yeux de ma famille, être incomprise et jugée.

     

    Un fossé qui s’est définitivement installé lorsque j’ai commencé à révéler que j’ai subi des abus : j’ai trahi ma famille en sortant de mon silence et en dévoilant "le secret"

     

    Mon statut au sein de la famille se résume aujourd’hui à : être une mauvaise fille, une mauvaise sœur, une mauvaise petite-fille, une bonne à rien,…, une "personne" qu’il vaut mieux ne pas fréquenter. Celle qui ne fait que le mal autour d’elle et ne sait que détruire l’unité et la bonne image de la famille. Celle qui, en étant celle qu’elle est et en disant ce qu’elle dit,  représente un danger pour la bonne image/réputation familiale.

     

    Pour mon père, je ne suis (et il me l’a écrit dans une lettre en février 2004) qu’une menteuse ; une personne qui vit dans l’imagination, hors de la réalité ; qui ne fait que nuire, vouloir faire du mal aux personnes de son entourage ; qui est déséquilibrée, paresseuse, malade, qui manque de compétences, qui est bête…. Il ne me comprend pas, m’en veux, …. Il est en colère contre moi. Il me menace de poursuites pénales, car j’ai dis contre lui des choses qui pour lui sont insultantes, diffamatoires ; que je porte contre lui des accusations infondées et fausses… Alors que je n’ai dis que la vérité sur sa réelle personnalité….

     

    Aujourd’hui, j’ai l’impression que je ne devrais pas exister ; que je passe mon temps à blesser ma famille, à la décevoir. J’ai le sentiment de n’avoir aucune valeur aux yeux de famille.

     

    Aujourd’hui, face aux attitudes de ma famille, j’ai profondément mal. D’autant plus, que face aux situations conflictuelles que j’ai avec elle, j’ai dû mettre de la distance avec certains, et me couper de tout contact avec d’autres. Je souffre de cette "coupure". Je m’en veux pour le mal que j’ai fait à ma famille. J’aime ma famille et j’aimerais ressentir son amour et non ses permanents jugements qu’elle me porte. J’aime ma famille mais je lui en veux aussi pour le mal qu’elle m’a fait, même si elle l’a fait de manière intentionnelle ou non. J’ai le sentiment d’avoir été abandonnée et de n'avoir (et de n'avoir jamais eu) aucune place dans ma propre famille.

     

    LES ABUS

     

    Dès l’âge de 12 ans, j’ai vécu des abus : sexuels, psychologiques et physiques. Cela de la part de membres de ma famille, mais aussi de connaissances plus ou moins proches et d’inconnus.

    Cela a duré de longues années.

     

     

    ...

     

     

     

     

    Nombreux et différents sont les obstacles que j'ai du affronter. Mais avec l'aide de Dieu j'ai pu avancer.

     

    "Je peux tout par celui qui me fortifie."

    Philipiens 4 : 13

     

    « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine.

    Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ;

    mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir,

    afin que vous puissiez la supporter. »

    1 Corinthiens 10.13

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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